Vivre en Chine ?


Vivre en Chine : Mon expérience… localisée


Ah, la Chine. Ce pays si vaste que si tu essaies de le comprendre en entier, tu finis par te retrouver avec une carte mentale qui ressemble à une toile d'araignée après une soirée arrosée. Heureusement, je suis là pour t'expliquer ce que c'est que de vivre en Chine. 
Enfin, pas en Chine entière. Non. Moi, je suis à Hainan. Et c'est déjà amplement suffisant pour occuper une vie entière, voire deux si tu comptes les siestes. Hainan, ou l'île qui ne sait pas trop si elle est tropicale ou juste humide

Hainan, c'est l'île du Sud. Celle qu'on appelle « la Hawaï de la Chine » quand on veut la vendre aux touristes, et « l'endroit où il fait tellement chaud que les œufs cuisent sur le trottoir » quand on veut être honnête. C'est une île où la nature est généreuse, le soleil impitoyable, et les moustiques… disons, ambitieux.



Vivre ici, c'est accepter un certain nombre de réalités :


- La climatisation n'est pas un luxe, c'est une religion. Sans elle, tu fonds. Avec elle, tu survis. Et tu apprends à négocier avec le dieu des factures d'électricité. (12 euros en moyenne par mois).
- Les typhons sont des voisins saisonniers. Ils arrivent, ils font du bruit, ils partent. Comme un oncle un peu envahissant, mais qui au moins prévient avant de débarquer.
- La nourriture est un univers en soi. Entre les fruits de mer, les nouilles, le riz, et cette chose mystérieuse que tout le monde adore mais que personne ne peut nommer précisément, tu ne risques pas de mourir de faim. Tu risques juste de ne plus jamais savoir ce que tu manges. 



Mais alors, le reste de la Chine ?


Ah. Le reste de la Chine. C'est une question intéressante. Tu vois, la Chine, c'est comme un buffet à volonté : il y a tellement de plats différents que prétendre les connaître tous, c'est soit de la prétention, soit de l'inconscience, soit les deux.

Pékin, c'est la capitale, avec ses hivers secs et froids, ses canards laqués, et ses embouteillages qui ont leur propre biorythme. Shanghai, c'est la vitrine, avec ses gratte-ciels, son café à 8 euros, et ses habitants qui marchent plus vite que leur ombre. Le Guangdong, c'est le sud économique, avec sa cuisine, sa langue, et son art de vivre qui n'a rien à voir avec ce qu'on imagine depuis Hainan. Et puis il y a le reste : le Sichuan et ses piments, le Yunnan et ses minorités, le Xinjiang et ses paysages à couper le souffle, la Mongolie-Intérieure et ses steppes…

Bref, la Chine, c'est un pays-continent. Et moi, je n'en connais qu'une île. Ce qui, honnêtement, est déjà beaucoup. Parce que Hainan, c'est déjà un monde en soi. Avec ses villes, ses campagnes, ses plages, ses montagnes au centre, ses dialectes, ses habitudes, ses contradictions.

 


Ce que ça fait de vivre ici, concrètement.


Vivre à Hainan, c'est :

- Apprendre à ralentir. Pas par choix, mais parce que la chaleur t'y oblige. Tu ne marches pas vite. Tu ne penses pas vite. Tu existes, lentement, et c'est très bien comme ça.
- Découvrir que le mot « étranger » est relatif. Ici, tu es l'étranger. Même si tu vis là depuis des années. Même si tu parles le dialecte. Même si tu manges du riz au petit-déjeuner. Tu restes celui qui vient d'ailleurs. Et parfois, c'est fatigant. Parfois, c'est reposant. Ça dépend des gens. (Moi je m’y suis très bien fait).
- Comprendre que la Chine ne se résume pas à ce qu'on en dit à la télévision. Ni en bien, ni en mal. La Chine, c'est un pays où il se passe tellement de choses en même temps que toute généralisation est une erreur. Y compris celle-ci.
- Réaliser que Hainan, c'est la Chine, mais pas tout à fait. C'est la Chine tropicale, insulaire, un peu à part. Un endroit où le temps passe différemment, où les saisons sont une suggestion plutôt qu'une réalité, et où la mer est toujours à portée de vue, même quand elle ne l'est pas.



En conclusion (parce qu'il faut bien conclure)


Vivre en Chine, c'est une expérience. Vivre à Hainan, c'est une expérience spécifique. Je ne peux pas te parler du reste de la Chine parce que je n'y vis pas. Je peux te parler de ce que je connais : une île chaude, humide, généreuse, parfois frustrante, souvent magnifique, toujours surprenante.

Et si tu veux savoir ce que c'est que de vivre à Pékin, à Shanghai ou à Chengdu, demande à quelqu'un qui y vit. Parce que la Chine, c'est comme un éléphant décrit par des aveugles : chacun en touche une partie, et personne n'a vraiment tort. Mais personne n'a vraiment raison non plus.

Moi, je touche la trompe tropicale. Et elle est collante, mais sympathique.


Note de l'auteur : Ce texte n'engage que moi, mes observations, et mon expérience limitée à une seule province. Si tu penses que je suis un con, tu es libre. Si tu penses que j'ai raison, tu es libre aussi. 
C'est ça, la beauté de la vie en Chine : tout le monde a un avis, et personne n'est d'accord.

 


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