Voyager à Hainan (sans argent)

Vous pouvez commencer par voir mes photos. 

J’en posterai de plus en plus ici. En même temps, je n'ai pas le choix : cela fait quatre comptes qu'Instagram m'efface sans raison.

Quatre !

C'est presque un compliment. À ce rythme, ils doivent avoir un petit employé quelque part dont le seul travail est de se dire : « Lui, il est suspect. Trop de noir et blanc. Trop de gens heureux dans un pays communiste. Supprimons. » J'imagine son bureau. Un plante verte qui meurt. Une tasse de café froid. Et moi, effacé, comme une pensée gênante.

Sinon, il y a mes livres.

Faire semblant d'être un bon photographe ne suffisait pas — je le faisais déjà avec la musique, et maintenant la littérature. Bref.

À l'origine, je voulais écrire des histoires sérieuses. Des trucs profonds. Des métaphores sur la condition humaine. Tu sais, le genre de bouquins qu'on met en évidence dans les librairies d'aéroport pour qu'ils prennent la poussière. Des phrases qui font tilt. Un chagrin sur fond de pluie. Un homme qui regarde la mer en comprenant soudain que la mer, elle s'en fout complètement de lui.

Puis j'ai compris que la condition humaine, c'était surtout des gens qui ne savent pas quoi faire de leurs mains dans les photos de groupe.

J'ai grandi avec Pratchett sur la table de nuit et des chaussettes dépareillées dans le tiroir.

Je ne suis pas lui. Je ne l'aurai jamais été. Il avait ce truc en plus — ce petit quelque chose qui fait qu'une note de bas de page sur la fiscalité des nains devient une réflexion vertigineuse sur l'âme humaine. Moi, je suis resté avec les chaussettes. Mais j'ai pris ce qu'il m'a donné — l'absurde, la digression, la tendance suspecte à personnifier les clés sales quand on les cherche partout sans les trouver — et j'en ai fait quelque chose d'un peu tordu, à ma manière.

Mes histoires se passent à Hainan, parce que c'est là que je vis. Il y fait chaud. On y porte des claquettes toute l'année. Les coqs sont des enfoirés.

Le décor est réel. Les personnages, en grande partie, aussi. Sauf les aliens. Eux, c'est mon imagination. (Ou pas. On n'est jamais sûr à Hainan. Il y a des nuits où le ciel est si bas qu'on jurerait qu'il y a quelqu'un derrière.)

Si vous avez aimé, partagez. Si vous avez détesté, écrivez une critique cinglante sur Internet. Les insultes ingénieuses seront récompensées par une réponse. Les insultes ingénieuses, ça demande du temps. Du corps.

Ceux qui écrivent « t'es nul » en trois secondes ne méritent pas de réponse. Ceux qui prennent une minute pour formuler une vacherie élégante — une petite chose bien tournée, avec un rythme, une chute, peut-être une allusion à ma mère — eux, ils ont compris l'essence du combat littéraire.

Et à ceux-là, je lèverai mon verre de café froid. En noir et blanc, évidemment.

J'ai un petit site rien que pour ca, ca se passe ici : https://auteursanspretention.blogspot.com/

J'ai déjà trois bouquins gratuits là-bas. Le reste est sur Amazon, en train d'essayer de faire mieux.



 








 


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