Du NBA à Dong Fang.
Dong Fang, pour ceux qui suivent, c'est tout en bas à gauche de l'île de Hainan. Le genre d'endroit où le soleil, fatigué d'avoir brillé toute la journée sur les rizières, vient finalement se coucher.
Avec style.
Avec panache. Avec un tel étalage de pourpres, d'oranges et de rouges que les peintres en pleurent et que les photographes se ruinent en cartes mémoire.
C'est connu. « Dong Fang ? Ah, les couchers de soleil ! » Les gens hochent la tête d'un air savant, comme s'ils venaient de réciter la formule chimique de l'eau.
On m'appelle pour venir participer. Ça me va. Je suis un mec conciliant.
Donc, on monte dans le bus. Direction : le sud.
On me dit :
— Jeremy, tu vas participera à un match de NBA. Enfin, une compétition locale, mais un peu cool quand même.
Moi, je regarde mon petit Fuji. Mon fidèle compagnon, mon œil de verre, mon appareil photo qui a vu des lacs, des mangues, des gens avec des machettes, et qui n'a jamais bronché. Je regarde mon petit Fuji, je regarde le mot « NBA » qui flotte dans l'air comme une bulle de savon, et je me dis :
— Ca risque d'être short.
Le bus roule. La campagne défile, verte et paisible. Les cocotiers saluent au passage. Les rizières font des miroirs. Et je me prépare mentalement à shooter des dunks, des tirs à trois points, des visages en sueur de joueurs de deux mètres qui traversent l'écran comme des météores.
Arrivée à Dong Fang. On me guide. On me parle de la compétition. On me dit, avec ce ton détaché que prennent les gens quand ils veulent vous rassurer :
— C'est une petite compétition locale. Rien de bien méchant. Juste entre amis.
Je hoche la tête. Je suis conciliant.
Je reste là. Mon Fuji à la main. Les mâchoires légèrement décrochées.
Pour comprendre, il faut regarder les photos. Voilà,
c'est ça. C'est petit, enfin petit en Chine. Mais on s'est bien marré. À
voir si vous arrivez à aller participer à ce genre d'événement. Pour le
volley ou d'autres trucs. C'est cool.
Les couchers de soleil de Dong Fang, je les ai ratés, bien sûr. J'étais trop occupé à shooter des sourires.













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